Historique

Le cercle de la Caboche
Puget-Ville a connu trois cercles : « le cercle Républicain, le cercle des Patriotes et le cercle de la Caboche ».Fondé en 1888,le cercle de la Caboche resta jusqu’en 1912 une « société en participation » selon le code civil du 14 ventôse an XI (1804).Toutefois, le 5 septembre 1912, était constituée par devant Maître Mouttet, notaire à Puget-Ville, la société civile et particulière dénommée la Caboche, qui acquérait pour s’y établir deux maisons contiguës sises place du quartier neuf. La durée de la société était prévue pour 30 ans, avec la possibilité de dissolution anticipée ou de prorogation.Le 23 janvier 1938, la société civile « La Caboche » était dissoute. Le 3 mars, le conseil de direction de la Caboche nommait comme liquidateurs Emile LATTIL, Louis BOYER, Alfred CHIVALIER et le 21 avril, était signé chez Maître Fraissé, notaire à Puget-Ville, l’acte de liquidation de la « société civile particulièrement dite « La Caboche ».
La Caboche cédait les deux maisons qu’elle possédait sur la place de la Liberté au syndicat agricole de Puget-Ville et c’est M. HERNANDEZ qui, avec M. HUGUES, procéda au déménagement du cercle.Mais revenons sur la création de ce cercle si particulier…Le Cercle de la Caboche s’établit donc sur ce qui avait été la Place Royale qui était alors la Place du Quartier Neuf et qui devint l’actuelle Place de la Liberté.Pourquoi le cercle prit-il le nom qu’il se donna ?

La Caboche (« cabosso » en provençal) est un clou long à grosse tête carrée dont on ferre les chevaux. Le cercle prit ce nom parce qu’il s’était installé dans l’ancien atelier du maréchal ferrant et c’est pourquoi on avait aussi fixé sur la façade une tête de cheval en bois comme on en voyait dans les boucheries chevalines.

C’était une réunion d’amis où l’on pouvait s’amuser à petits frais. Comme les chambres de commerce d’alors, le cercle frappait monnaie : des pièces de 15 centimes (alliage zinc, étain), qui n’avaient cours que là, que l’on achetait et qui servaient à payer les consommations. Avec 5 francs on passait largement la semaine. L’été, sous les platanes, pour 3 ou 4 francs, on pouvait s’offrir un véritable banquet.

A l’occasion du nouvel an, on donnait 5 centimes d’étrennes et, au milieu de l’été, tout ce petit monde s’en allait joyeusement, avec chevaux et chars à bancs, passer une folle journée à la mer, musique en tête.

Tout en s’amusant sagement, on ne s’ennuyait pas à la Caboche. Léoncini, le ferblantier, poussait la chansonnette. Tous les soirs Adolphe TURLE et Constant, le maréchal ferrant, joyeux drilles et farceurs, contaient des histoires et jouaient des tours. Dans les banquets, le père de M. TROTOBAS, un gai luron et son ami, Gaston EYGLUMENQ, infatigable boute en train chantaient en chœur avec un succès toujours renouvelé « le duo des chiffoniers ».

Si la caboche était le siège de l’orphéon, elle possédait aussi sa propre musique, « la musique de carton », des mirlitons (tubes de carton avec du papier à cigarette qui vibrait sous le souffle) dont de véritables artistes jouaient en virtuoses.

La caboche disparut comme disparaissaient peu à peu les petits commerces qui donnaient au pays la vie et l’esprit communautaire, en favorisant les rencontres et les échanges, la civilisation du confort changeait déjà l’homme !

C’est l’esprit d’alors que la confrérie de la Caboche tient à perpétuer par delà les années tout en faisant connaître notre village à travers les différentes régions et les différents pays où elle est invitée.

Source : Firmin EUSTACHE

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